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« Adopter l'attitude d'une personne prête à se remettre en jeu signifie abattre des obstacles sur le chemin de la croissance intérieure. Surmonter avec une approche joyeuse les schémas rigides de la vie quotidienne ouvre les portes à l'enthousiasme de l'enfant qui sommeille au fond de chaque adulte. Soyez satisfait de vous-même. »
(M. Giovagnoli)

papillonLa santé, baromètre de l'équilibre

« Dans tous les système traditionnels de représentation du monde, santé, maladie et guérison sont des indicateurs de symtômes, qui renseignent sur la qualité de l'histoire qui se tisse au cœur de l'homme lui-même, dans sa relation avec les autres hommes et avec le monde. Ainsi, que ce soit en Afrique ou en Sibérie, il n'est pas rare qu'un guérisseur ou un chamane prescrive comme traitement des actes de pardon, de réconciliation, des rituels qui ressemblent à des défis, des offrandes ou des changements de comportement vis-à-vis de ses proches ou de la nature. Des actes magiques en apparence, qui vont réparer la relation de l'individu à son monde. Et si les systèmes de représentation semblent très différents selon les peuples et les régions, en les rapprochant on s'aperçoit qu'ils ne le sont très souvent qu'en surface.

Et que, surtout, le système le plus éloigné de celui que cultivent ces peuples millénaires, c'est le nĂ´tre ! « La santé, c'est la vie dans le silence des organes », disait en 1936 René Leriche, chirurgien et physiologiste français, lors de sa leçon inaugurale au Collège de France. Même si elle est parfois contestée, cette célèbre citation reflète bien le monde de pensée occidental et notre vision de la santé. C.Q.F.D. La définition proposée par l'Organisation mondiale de la santé ose un petit pas supplémentaire : pour elle « la santé est un état complet de bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». Elle y ajoute donc une dimension psychologique et sociale, mais limite finalement la santé à un état de bien-être.

Pour comprendre le regard des peuples racines, il faut inverser le nôtre et l'élargir : le bien-être de l'individu et le silence des organes sont des résultantes de la vie qui se déploie en santé à un niveau beaucoup plus large. Quand la santé n'est plus au rendez-vous, ce ne sont que des porte-parole d'un déséquilibre plus vaste. Le corps lui-même n'est qu'un support de ce déséquilibre. À noter même que cette notion de corps, tel que nous le concevons, n'a pas d'équivalent, notamment dans nombre de langues amazoniennes, ni chez les Huichol du Mexique. Dans ces langues, l'être complet ne se conçoit que dans sa relation au monde qui l'entoure. Il ne se limite pas à son corps physique, qui, lui-même, qu'il soit désigné par les « os » ou « les vingt doigts », n'est pas séparable du système dynamique, visible et invisible, dans lequel il évolue. Ce que nous appelons corps dans ces visions, n'est qu'une partie, un prolongement du monde, un contiuum. » (D'après Frederika Van Ingen, Ce que les peuples racines ont à nous dire, 2021)